La plume et les mots du Gabon

sociolinguistique, discours, littérature, arts

7 octobre, 2007

“Laissez à la littérature gabonaise le temps de se faire” Pierre MONSARD SIEGU

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 18:35

pierremonsard.jpg 

“Faites de la littérature tout simplement.”

“Pierre Monsard avec mes mots…” 

Ya Pierre, une prière me brûle les lèvres, une dictée obséquieuse me torture, mais je ne puis…ton regard incisif et inquisiteur m’en blâmerait; je ne vais pas me faire engueuler une nouvelle fois, non? Je t’entends d’ici gronder: “ce n’est pas toi!”, “ça ne te ressemble pas, Rodrigue!” me lancerais-tu devant mon visage éhonté. A défaut de savourer une bonne “clope”, tu me communiquerais ta volonté par l’une de ces phrases dont seul toi-même a encore le secret: “tu veux parler de moi? Eh bien fais-le avec tes tripes ou avec ton sang et arrête tes salades!”. Voici pourquoi au lieu d’une prière ou d’un discours pensé, je m’en vais te raconter, conter ce que ton existence a laissé en moi, en chacun d’entre nous.    

 Tout avait commencé par un mot, que dis-je, par un vocable époustouflant de vigueur et de tonicité: “Gaboniaiseries”. Je ne l’avais pas senti comme une vision profonde des “niaiseries” bouffonnes par lesquelles, ici ou là, chez nous au pays, nos vies mornes, chétives et formatées se délitent, s’effilochent au rythme des saisons, au rythme également des contentements alimentaires de toutes sortes. Ivunde, pourtant les acteurs prometteurs de “L’Express” s’en faisaient les hauts-parleurs, ta fameuse “Oraliture” aussi.

“Gaboniaiseries”? Ce fut tout trouvé, bien pensé; j’en entends mieux la vivacité aujourd’hui, plus qu’avant, un peu mieux qu’hier. Yaye, la brèche que tu as laissée ouverte est béante et les héritiers, nombreux maintenant et talentueux, s’en félicitent; des “brigades d’applaudissements” surabondent et l’acclament les paumes en feu; ta création verbale, pour te dire, inspire d’ailleurs quelques beaux textes et ainsi fait proliférer, sous des langues bientôt impertinentes, parfois païennes et souvent langoureuses, des oeuvres poétiques, des monographies érudites, mais surtout des oeuvres narratives que l’on répute “très prometteuses”. “Les Oubliés de la forêt des abeilles”, “Féminin interdit, “Cabri mort n’a pas peur de couteau”, je viens de les ouvrir, quelques “délicieuses insomnies de France” plus tard, c’est encore toi que je vois, le menton et les joues chevelus (l’été uniquement), l’œil en poste de vigie, me commander, comme à ton habitude de magister, d’être sincère et juste en littérature.

Ya Pierre, ainsi l’on te nomme intimement car, en lettres capitales, Pierre MONSARD, ton nom s’écrit, s’épelle depuis toujours, tout au fond de mon cœur, au plus profond de mon être. Etre-Majuscule, tu l’es; beaucoup te l’ont déjà confessé; très humblement, c’est à mon tour: cette dictée sainte s’arrache de mon cœur, ricoche sur mes lèvres et caresse mes oreilles pour te dire “Diboti”. En pensant à toi, en jalousant par avance tes conversations hilares avec Sony LABOU TANSI et tes commerces savants avec Ahmadou KOUROUMA, je brûle pieusement de l’encens devant ton parcours unique…qu’est-ce que vous devez bien vous marrer Là-Haut ! 

  Rodrigue Kaba

22 mai, 2013

La prefecture: une nouvelle de Penelople Zang Mba

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La prefecture: une nouvelle de Penelople Zang Mba a-la-prefecture-197x300

administration, titre de séjour

A la lecture du texte de Pénélope Zang Mba, intitulé La préfecture, j’étais propulsé dans un univers, rude ou la saleté mêlée au stress s’imbriquent mal dans l’atmosphère. A croire qu’une catégorie des usagers de ce lieu administratif, attendent une sentence lourde. L’anxiété se lit sur leurs visages et accentue naturellement leurs troubles physiques ou /et physiologiques. A quoi bon prendre une douche ? Pourquoi venir dans un état serein à cet endroit où le sort de certains est scellé sans la moindre attention. De toutes façons, c’est à la tête du client que l’on est traité ici. La Chance ? Elle n’était pas souvent au rendez-vous.
Dépourvu de toute humanité, dépouillé de bonnes bribes de politesse, nul ne s’intéresse aux usagers. Il faut faire tourner la ‘’machine’’ celle de l’administration qui au passage se remplit les caisses au nom d’une humanité résolument ignorée. Ceux qui y détiennent une parcelle de pouvoir essaient de se conformer à faire leur tâche, oubliant qu’ils ont affaire à des êtres humains, parfois intelligents, en proie au stress, fragiles, frêles, anxieux, malades et peut-être même pitoyables, tant leurs conditions de vies sont difficiles et précaires.
L’accueil est laconique et les usagers se sentent ‘’comme ‘’obligés de se retrouver dans un cimetière où une possible fosse les attend. Nombre d’entre eux n’ont pas le choix, ils ne peuvent se passer de la nécessité de se retrouver dans ces murs où le pot de fer est prêt à briser le pot de terre. Les portes s’ouvrent machinalement, comme dans une usine et les cas ‘’humanitaires’’ sont traités à la chaine.
Nul doute qu’il serait intéressant de savoir si notre héroïne malmenée par une sévère anémie accrue par une pénible période de règles douloureuses, obtiendra le sésame en papier, en carton ou en plastique qui lui donnera le droit de respirer les odeurs des fleurs, de marcher sur les pavés encombrés de crottes de chiens, de se pavaner sur les longs boulevards truffés de noms de grandes gens qui ont fait la fierté de l’Hexagone, de cueillir et de ramasser les châtaignes douces et sucrées dispersées sur les sentiers des campagnes françaises où il n’est pas rare de trouver des cadavres ensevelis par la violence, la honte, la jalousie et l’égoïsme .

Annie Charnet Mpenga
Dr. Linguistique, Phoné.

6 mai, 2013

Les registres du chant, de l’affection et du jeu dans la littérature enfantine au Gabon : le cas de ‘‘Les aventures de Cocotte’’ de Pulchérie Abeme Nkoghe.

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Les registres du chant, de l’affection et du jeu dans la littérature enfantine au Gabon : le cas de ‘‘Les aventures de Cocotte’’ de Pulchérie Abeme Nkoghe.

La littérature enfantine est destinée à l’éveil des enfants, à leur perception progressive du monde. Ils découvrent les couleurs, les formes, les objets. Ainsi que leur usage et leur importance dans la vie quotidienne.
Les littérateurs gabonais ne sont pas en reste et souhaitent chacun à leur manière et avec une originalité créative donner aux enfants et à leurs enseignants des outils pédagogiques qui favoriseraient leur éclosion au monde. Aussi après Son ainée Viviane Magnagna Nguema avec  »Belle ‘enfance », Pulchérie Abème Nkoghe Pulchérie a publié aux éditions Mon livre Mon Droit en 2011
‘ ‘Les aventures de Cocottes’’.
Une héroïne, physiquement jolie dont les deux couettes qui tiennent la majorité de ses cheveux s’accommode aisément à ses trois nattes qui pendent sur son front. Ses cheveux noirs et son nez assez pâté témoigne bien de son appartenance au peuple noir. Ses yeux assez ronds laissent tout de même voir des sourcils épais qui ornent un regard assez distant, voire interrogateur, comme si notre héroïne était confuse et presqu’apeurée. Elle tient comme un bouclier sa peluche de couleur jaune comme un bien précieux, qu’elle ne souhaiterait perdre sous aucun prétexte. Ses sandales ornées d’une ‘‘ornière’’ rouge se marient avec élégance avec sa robe de couleur rouge qui met bien en valeur son teint chocolat, caramel. Nul doute que ses oreilles sont aux ‘‘aguets’’ de ses choses agréables ou fâcheuses, qui, selon qu’elles soient roses ou noires peuvent lui redonner ou non le sourire.
Le sous titre de l’œuvre : « Où est passé Cocotte ? » Écrit avec une teinte jaune, renvoie immédiatement à la peluche de Cocotte et pousse d’emblé le lecteur vers un univers ludique. Il plait aux enfants qui grâce aux jeux se figurent un monde le plus accessible pour eux : celui du divertissement, des occupations inutiles, puériles pour les adultes. Mais utile pour les enfants. Ils forgent ainsi leur savoi , leur personnalité et se dévoilent au monde.
Ou est passée Cocotte ?
En parcourant le livre nous aurons la réponse à cette interrogation axiale, poutre du texte d’Abème Nkoghe dont nous interrogeons ici le vocabulaire en insistant sur les occurrences lexicales et leur porté sémantique.

Trois champs lexicaux se distinguent clairement

1- Le champ lexical du chant planche (11)
Où es tu Cocotte ?
Que fais- ma cocotte ?
Viens vite Cocotte à moi
Maman attend tes bisous
OOô Cocotte
Oôôôô à Cocotte
Cocotte maman t’aime
Mon bébé ta mère t’aime

Ce chant fonctionne comme une berceuse. Il regorge de nombreux possessifs comme ‘’ ma’’, à ‘’ moi’’. Son vocabulaire affectif ( bisous, t’aime, t’aime) suscite de la tendresse chez le sujet indexé. La mère de Cocotte amadoue sa fille, afin qu’elle se montre, qu’elle se présente afin de taire ses peurs.
Nul doute que Cocotte n’est pas hors de la maison car aucune phrase ne nous enseigne que notre héroïne serait sortie. Toutefois, la maitresse de maison, se demande dans quelle pièce de la demeure Cocotte se trouve. Que fait-elle ? Un accident domestique est vite arrivé.

Pour avoir la réponse à sa préoccupation, la mère de Cocotte, use de la corde sensible, la manière douce est toujours payante avec les enfants qui ne demandent qu’à être aimer.
L’usage du champ lexical de l’affection.
Aussi, en entendant cette chanson très douce qu’elle aime, Cocotte sort de sa ‘’cachette’’, elle aimerait recevoir des ‘’ câlins’’ (p.5) car « son papa, sa maman, et son grand-frère l’aiment tous très fort. Ils adorent lui faire des câlins. » et des « bisous » (p.12), gros gros bisous ( p. 12), bisou (p.18)
Les signes affectifs ne manquent pas dans la famille d’Eyang qui porte aussi le nom très doux de Cocotte. Ce tendre appellatif regorge tant l’affection paternelle que maternelle et fraternelle. Obame aime sa sœur tant et si bien qu’il est capable de lui pardonner quelques bêtises. Même si ces dernières lui causent des désagréments.
Obame a dix ans. Mais il n’en demeure pas moins un jeune enfant qui offre une place importante au ludique dans son cœur.
Aussi le champ lexical du ‘’ jeux’’ et de ses adjuvants : jouets, se décline –t-il dans ce livre en une seule occurrence globalisante mise en exergue par : « Et ce trésor, c’est l’ensemble des jouets d’Obame » (p.5). Le terme « ensemble » est ici très significatif de ce tout si précieux aux yeux de Cocotte et de son frère.
Joué (p.6), jeux vidéo (p.6), jouets (13), jouets ( p.15), jouets (p.18).

Nul doute qu’en écrivant ce texte l’auteur a voulu donner à sa vison de l’enfance une dimension de fraternité sensible avec des personnages anthropologiquement proches de ceux qu’elle a côtoyé durant son enfance.
L’usage du registre ‘’ familier’’ ( papa (5) , maman ( 5), coucou ( p.18) (qui se place en relation synonymique avec ‘’bisou’’) dans la phrase « Cocotte sourit et fait un gros coucou à Obame » trouve ici , toute l’expression d’une littérature qui se voudra instructive, en dépassant le cadre familial. Ces lexies devront, plus tard, ( au fil du parcours existentiel de l’héroïne) être remplacés par « père », « mère », « baiser »…) appartenant au registre soutenu, prisé en milieu scolaire.

Quelques confusions sonneraient comme des impropriétés aux yeux de certains lecteurs qui, comme moi, ne posent pas en terme de valeurs sémantiques identiques ‘’ bisous’’ et ‘’ coucou’’ sur la même étagère. Il serait souhaitable que la prochaine édition de ce texte revoie l’usage de ces deux termes en proposant au lecteur des synonymes.
Retenons que ces mots appartiennent à un vocabulaire familier perceptible dans cette œuvre adressée à un public particulier dont les discours sont plutôt ancrés dans une certaine oralité. Toutefois, ces ‘’aventures de Cocottes’’ qui certainement ont la prétention de faire partie des ouvrages au programme dans l’enseignement préscolaire au Gabon, répandront plus tard des discours au registre soutenu, signes d’évolution langagière requise par l’âge et le développement de l’enfant.

A. Charnet Mpenga
Linguistique, phone.

19 avril, 2013

Anatomie d’un discours littéraire à « coeur ouvert » de : A corpus confus , Accord perdu (P.8) de Prisca Otouma.

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à corps confus, accord perdu

Anatomie d’un discours littéraire à  » coeur ouvert » de
À corps confus
Accord perdu, (P.8) de Prisca Otouma ‘’

A la lecture de cette œuvre on comprend aisément que tout être naît, peut s’épanouir et se multiplier. Son passage de vie à trépas est la condition, première de son existence. Cependant, il est parfois insupportable de ‘’ ternir’’, de ‘’périr’’, de dépérir tant sur le plan psychologique que physique. Vivant dans un monde en mutation, nous devons nous en accommoder de notre mieux. Aussi « Des corps naissants, combatifs ou douloureux, mais toujours brulants de vie, s’élève une ode poignante à la liberté et au mouvement » (Quatrième de couverture). Sous la plume de Prisca Otouma, elle ‘ ‘crie’’ sans détours à la vie et à la mort en posant l’Humain comme le socle de son ‘’ humanité’’ et en concédant une place à la dégénérescence de l’Etre et a ses possibles thérapies. Les éléments linguistiques qui composent le titre sont d’un rythme accrocheur. Ils peuvent porter à confusion. En fait, ce sont deux mots qui se rapprochent par leur caractérisation ‘’adjective’’ dont les constituants ne sont ni opposés ni synonymes. Confus (vague) n’est pas le contraire de perdu (que l’on ne possède plus) encore moins son ‘’antonyme’’. Toutefois, ces deux termes peuvent renvoyer à une isotopie globalisante de la » dysharmonie ». Une chose est certaine, les ‘’ noyaux’’ ‘’ corps’’ et ‘’accord’’ forment une harmonie phonique indéniable qui se relie en symbiose avec les adjectifs ‘’ confus’’ et ‘’perdu’’, soutenus par la voyelle [u]; même si sur le plan orthographique et en genre ils se distinguent nettement, il n’en demeure pas moins que leur lien tient avec grace et force l’écho accrocheur du titre de ce recueil poétique. Ceci pour marquer la multitude des facettes humaines évoquées dans l’œuvre et la singularité qui la conditionne. Celle d’un  »accord’’ passé entre deux individus et scellé par le facteur confiance. Matérialisé parfois par la ‘’ parole donnée’’, elle constitue, l’essence même de l’homme, celle du verbe qui fait sa particularité et la différencie de l’animal, dépourvu de ‘’Raison’’, tout en scellant le pacte de socialité.

À corps confus et accord perdu, s’ouvre par un fil d’Ariane dessinant avec  »poigne  » une sorte de déclin : ‘’Corps sans corps’’ ( p. 8).
‘’ De corps sans vie (p. 8) à « Corps silencieux »" (p.9) se dissimule dans un langage voilé le passage de la jeunesse insouciante,[ celle qui ne se demande pas ‘’pourquoi ‘’, mais ‘’comment ?’’], à la vieillesse prématurée dues aux turpitudes existentielles. En fait, le voyage du royaume de l’enfance à celui de l’adolescence se déroule souvent dans un ’’ esprit d’insouciance, ‘’ couvert par un air ou un esprit  »ingénu’’, une apparence ‘’ candide’’ cousue par l’amour parental ou familial qui terre avec égard les ‘’aigreurs de la vie d’adulte’’. Mais le pire est-il toujours à venir ?
La récurrence de l’occurrence ‘’sans’’ dans les trois premiers vers du poème, annonce avec insistance ‘’ le manque, l’absence, le néant ‘’ dont les adjectifs ‘’ vidée’’ et ‘’ vidé’’, des vers suivants :
‘’ Vie vidée de corps’’ (p.8)
‘’ Corps vidé de vie’’ (P .8)
ne sont pas ‘’antithétiques’’, ‘’antonymiques’’ au substantif ‘’ de ‘’vide ‘’du vers qui suit
‘’Vide inassouvi…’’ (p.8).
Même si dans leur emploi, ces mots n’appartiennent pas à la même ‘‘classe’’, il n’en demeure pas moins que leur valeur sémantique est similaire et rend bien compte de la prédominance du champ lexical de la carence, de l’insuffisance, de la lacune, …
Nul doute, qu’à travers ces lexies invoquant un certain néant, l’auteur emploie de nombreux synonymes, voire des euphémismes pour évoquer avec douceur les affres de l’irréversible finitude de l’homme.
Vivre ou survivre, engendre parfois un dépassement difficile conduisant à une sorte de faiblesse, à une quasi incapacité de se prendre en charge, de se supporter, tant les hontes, les déshonneurs, les flétrissures, les opprobres, les bassesses, les abjections, les ignominies, les indignités, … pèsent sur le psychique et le physique. L’individu sujet à ces ‘’tyrannies’’ devient presque qu’une loque, dépourvu de tout courage et de toute force. Aussi, pour se relever, est-il bon de trouver une bouée de sauvetage, une main tendue, dotée d’un cœur ouvert, frais et sincère pour lui redonner l’espoir ; Et rendre possible le dessein qui mène à la ‘’fugace’’ allégresse.
Toutefois, l’auteur incite à relever ce défi en usant d’un ton presqu’impératif :

‘’ Soulevez ces corps’’ (p. 8)
‘’ Relevez ces vies’’ (P .8)
Une manière singulière de récuser le fait de poser les genoux au sol en signe de faiblesse, de résignation, d’abandon du combat. Le verbe ‘’ tomber’’ dans
« Qui tombent dans ah… ! » (P .8)
employé à la troisième personne du pluriel au temps présent et au mode indicatif, porte en lui seul le sens et le poids du ‘’gage’’, du ‘’pari pour la vie’’ dans cette proposition subordonnée relative qui complète avec précision, les puissantes injonctions précédentes et soutient aussi la suivante :
« Soudez-les à la vie » (P.8)
Cependant la tâche ne sera pas aisée car la faiblesse est humaine. Elle réside aussi bien dans ces « corps sans corps’’ (p. 8) c’est-à -dire faibles, maigres, frêles, gras, biformes, …que dans «’’Ces corps sans vie’’, gangrenés par déceptions, les pressions, les dépressions, les déraisons, …

« Vivre, c’est lutter contre toutes possibles pertes : celles des corps et des cœurs ».
Voilà la maxime que nous tirerons du second recueil de poèmes de Prisca Otouma, 2013, Jets d’Encre, 66 p.

Annie Charnet
Linguistique, Phone
Bordeaux III
CELFA

Quelle polyphonie! lisez ces vers!

Sonnez du cor!
Vous, corps sans  » C »
Sonnez du cor
Vous, corps lassés,
Sonnez du cor
Vous , corps incensés,
Des  » C » décédés
Sur le qui-vive
De ces corps cédés
Que la vie trainent silencieusement
Sous nos yeux muets. (p.12 )

25 mars, 2013

Brice Koumba Levy publie  » Seul »: un roman  » bipolaire »

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 9:27

Quelques mots sur l’auteur et sa bibliographie

Seul est le premier roman de Brice Levy Koumba. Connu pour ses travaux de critiques et théorie littéraires, Brice Levy Koumba est également auteur du Lexique de Grégoire Biyogo paru aux éditions L’Harmattan en 2011. Il est aussi présent sur le net à travers le blog Critica au lien http://briska.unblog.fr/. Seul est édité aux éditions Lamby et s’étale sur 118 pages.

voici ce que l’auteur en dit:

Seul »" est un roman composé de deux textes. Le premier est Destin. Il est l’histoire de l’homme voué à la douleur et à la misère, la colère et la rage de le savoir. Ecrit en mai 2003, Destin est le récit de la rencontre d’un écrivain avec un lecteur qui a juré sa mort pour indifférence au sort de l’homme. Le deuxième texte a donné son nom à l’oeuvre générale : Seul. Ecrit durant l’été 2002, Seul est le récit d’un homme convaincu que pour vivre heureux, il lui est impératif de créer ses propres valeurs. C’est l’histoire de la redéfinition des valeurs, de la remise en cause totale de tout à commencer par son propre visage. »"

Extrait de seul
Suis-je ce visage se reflétant devant moi ? Non. Ce visage n’est pas le mien. Ce visage blanc aux yeux rouges ornés de boue, cette tête coiffée de cheveux hirsutes à la folie, ne m’appartiennent pas. Je les nie. Ce visage, que fait-il à la place du mien ? Je me touche. Tout semble cohérent. Je tiens bel et bien ma tête. Je reconnais ses formes, ses rondeurs, ses qualités et ses défauts. Ma parole, cette figure dans l’eau m’appartient! Comme elle a fané, flétri, perdu sa familiarité. Non. Ce visage n’est pas le mien ». Seul, p. 92.

Destin : extrait

« Dans le bâtiment, une queue. Elle avance en direction de la salle de conférence. A la volée, je demande qu’on me cède le passage. Une voix me répond : « Toi tu es qui ? Et nous, nous ne sommes pas des gens ? ».
Je ne sais quoi dire. Tellement je suis ému par cet engouement. Ces gens sont là pour moi. Uniquement pour moi. De toutes les directions, ils ont convergés en ce lieu juste pour moi. Ils sont là pour m’écouter. En toute sincérité, ils souhaitent cultiver leur âme de mon esprit.
Toutefois, quelque chose m’attriste. Personne ne me connaît ! Mon visage ne dit mot. C’est un visage sans signe, un visage sans nom, un visage muet. Un visage public sans anecdote ». Seul, p.26.
Seul est le premier roman de Brice Levy Koumba. Connu pour ses travaux de critiques et théorie littéraires, Brice Levy Koumba est également auteur du Lexique de Grégoire Biyogo paru aux éditions L’Harmattan en 2011. Il est aussi présent sur le net à travers le blog Critica au lien http://briska.unblog.fr/. Seul est édité aux éditions Lamb

13 février, 2013

Nodon Arnaud: colère noire, une poésie lugubre qui dit les cris

Classé dans : Non classé — azokhwaunblogfr @ 16:18

NODON Arnaud
signe ici son prémier receuil de poèmes. Dans ce texte l’auteur traduit le fiel des désabusés de ceux qui ont faim et rêve d’un mode meilleur où manger , boire, pouvoir se loger , s’éduquer et se soigner ne seraient plus des chimères. L’amertume et un sentiment d’abandon parsème ces lignes dotés d’un profond lyrisme.

Indications bibliographiques:

Colère Noire (poésie), Editions Fierté Robuste, Libreville, 2013, ISBN 978-2-9543528-0-0, 56 pages

Entre illusions, désillusions et prise de décisions: le rêve interminable par Berre

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Entre illusions, désillusions et prise de décisions: le rêve interminable par Berre berrelivre

immigration, illusions

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reve, illusion, décision

Rien qu’en lisant le titre de ce roman, je me suis dit:

Oui, nous voulons évoluer, nous voulons exister, comment oublier de se mettre d’abord un pied à terre chez soit car on ne sait jamais,  »immigré, c’est immigré », que tirer de l’immigration? quels sont les raisons profondes qui justifient le fait de rester à tout prix et à tous les prix en Europe?. Pourquoi l’immigré ( gabonais ou autre), ne considère t-il pas l’immigration comme un tremplin et non comme une fin, chers littérateurs et hommes de lettres. Est-ce la difficulté de se loger, de se nourrir, de s’éduquer ou de se soigner qui conduit certains à refuser  » de rentrer ne serait-ce que pour s’arranger  » une place où vivre »?

Bien plus, je me suis souvent demandé pourquoi les ressortissants d’Afrique de l’ouest immigrés en Europe, en Amérique, ou ailleurs arrivent à mieux s’en sortir au final que ceux originaires d’Afrique centrale?

Résumé:Arrivée en 1999, sans trop comprendre que son voeu venait de se réaliser, Yullens a cherché à obtenir, entre 2001 et 2003, un BTS assistant de direction mais en vain. Elle s est décidée à faire face au monde du travail avec une attestation de niveau d’études mais là encore une grande souffrance s’est présentée, les portes se refermaient les unes derrière les autres. En effet, son titre de séjour portait la marque du refus. « Il ne permet pas à son titulaire de travailler » mais permet de circuler, de louer, d acheter ses vêtements… Comment y parvenir sans travail ? De 2003 à 2005, Yullens a fait tous les petits boulots pour survivre. En 2008, la préfecture exigeait d’elle qu’elle atteste d’un succès d’études ou d’un contrat. Comment faire pour cette demoiselle qui avait appris à vivre dans une bulle, celle de la misère et des pleurs. La voilà trahie par la réalité et désabusée par le système et surtout par son avocat, qui n’a su ni valoriser ni défendre sa cliente tout en encaissant les honoraires. Portant malgré tout son rêve de vivre en France comme un trésor dont on ne peut se débarrasser, au risque de se détacher d’une partie de son être, elle préférait étouffer sa douleur physique. Locataire d’un appartement dans un quartier à risque, c’est dans cet univers macabre, où les gens sont des zombies, que le désir de crier son désarroi lui est apparu. Il fallait qu’elle dise aux générations futures les dangers de vivre sur une terre qui n’est qu’une façade. En effet, en Afrique, on sait que rien n’est acquis mais à force de lutter on y parvient. Mais ici, tout est plus difficile…

indications bibliographiques:
Broché: 156 pages
Editeur : Editions Bénévent (4 septembre 2012)
Langue : Français
ISBN-10: 2756322954
ISBN-13: 978-2756322957
Dimensions du produit: 20,8 x 15 x 1,8 cm

24 janvier, 2013

Jannys Kombila:  »Adieu monde » une vivace poétique

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 20:40
Jannys Kombila: ''Adieu monde'' une vivace poétique adieu-monde-300x236

La vie et la mort sont comme le recto et le verso d'une même feuille

Avec ce nouvel opus, l’auteur rend de plus en plus sa voie dans le monde litteraire africain. Des reflexions profondes sont menées. Que dire du  » to be or not to be » de cet anglais , dans ce monde à ciel ouvert qu’est l’univers, gouverné par un  » Homme ‘ ‘ de plus en plus égoiste, changeant, tranchant avec les valeurs les plus simples qui font son humanité. Vivre ou mourir, faut-il choisir?

Jannys Kombila, « ADIEU MONDE », En parution aux Editions BoD, Novembre 2012, N° ISBN: 978-2-8106-2612-0

Odone Angone: une plume, une voie, une empreinte

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Odone Angone: une plume, une voie, une empreinte dans Distinctions odone-angone-300x176

Les doux murmures de mon enfance: Eteno Miryl

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Les doux murmures de mon enfance: Eteno Miryl les-doux-murmures

morale, liens familiaux, valeurs

voilà un livre qui se lit simplement et livre des valeurs morales universelles et essentielles. Dans cette seconde publication ( hors ouvrage collectif), l’auteur partage avec le lecteur comment s’est édifié sa jeunesse au travers non seulement des contes et des légendes de son topos, mais aussi par le biais de l’expérience humaine, d’un vécu instructif.

Résumé et interrogations: un imaginaire en ouverture

Quel enfant n’est jamais resté suspendu aux lèvres d’un grand-père ou d’une grand-mère pour s’entendre conter des histoires ? Quel enfant n a jamais entendu : « Éteignez-moi ces lumières ! », « Fermez le robinet ! », « Arrêtez le gaspillage ! », de la part d’un père ou d’une mère excédés ? Irengué et Inivah, deux jeunes citadines gabonaises, livrent tour à tour leurs souvenirs de vacances aux rives du fleuve Ogooué auprès de leurs grands-parents. Loin de la modernité de leur quotidien, elles découvrent avec un regard espiègle les gestes ancestraux, rituels, légendes et jeux pour mieux apprendre la valeur de la parole et celle du partage. Sur un ton sensible et juste, l’auteur nous livre ici le portrait d’une jeunesse moderne qui puise dans sa relation avec les anciens et la nature le respect et une énergie nouvelle celle qui permet de grandir. Un nouveau regard sur ses propres racines et sur son pays. Et au-delà des frictions de l’enfance, un hymne à l’amour filial.

Bibliographie de l »auteur:
Frasques ( Edilivre)
Iwamy ( Edilivre)

Marina Ondo: une poétique humaniste

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 20:19
Marina Ondo: une poétique humaniste marina-ondo-206x300

Discours, spiritualité, foi, raison

Nourritures célestes , tel est le titre de ce livre que je vous incite à découvrir au fil d’une lecture agréable, reflesive et fortement ancrée ver sce qu’est l’homme, sa condition et sa manière d’habiter le monde.

par Marina Ondo

La joie.
Pourquoi
m’en priver?
Pour toi
Je veux dériver
là où tu espères
que j’irais paître
Je vais dévier
vers ce levier
légèrement ajusté
à ma hauteur
pour refréner tes peurs.

Indications bibliographiques:

112 pages – ISBN : 9782748399486 – Poésie – Edition brochée

Biographie de l’auteur

Marina Ondo est titulaire d’un doctorat en Langue et Littérature françaises. En tant que membre du réseau de chercheurs de l’agence universitaire de la francophonie (AUF), elle axe ses recherches sur la littérature francophone, l’expression artistique, le langage poétique et les formes sculpturales.

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