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6 janvier, 2009

Pratiques culturelles au village: Nza Mateki le poète d’un genre de vie

Classé dans : critique et analyse — azokhwaunblogfr @ 17:55

J’ignore le nombre de lecteurs qui ont bien pu passer du temps sur l’oeuvre de Nza -Mateki, mais pour ma part j’ai particulièrement lu  » Echos du chemin » et « le retrait de deuil » est une nouvelle qui m’a particulièrement bouleversée en ceci qu’elle formate sur papier une des festivités les plus connues du Gabon qui se déroule en général en saison sèche et qui rassemblent des acteurs de générations divers d’où sa pluralité. Cette dernière met en exergue le coupe tradition/modernité que tant de lecteurs récusent, trouvent passéiste voir rébarbatif dans la littérature africaine écrite au sud du Sahara.

Mais il n’en demeure pas moins que ces célébrations attirent les foules et forcent les désargentés à envier les argentés qui n’en sont pas toujours de vrais et honnêtes  riches. Toujours est-il que cordialité, beauté et réjouissance sont les maitres mots en ces jours jaunes où chacun n’est pas n’importe qui et compte le faire comprendre à son entourage. Aussi rivalise-ton d’ardeur en danse, en capacité vestimentaire, en potins, en « moi je ne suis pas n’importe qui. Je ne porte pas n’importe quoi. Je suis tout de même la maitresse attitrée de … »,  C’est un moment de valorisation de l’égo très particulier et très dense. Toutefois, il se compose de deux axes et ses prolongements touchent tant la veuve que l’orphelin. Retour avec l’auteur sur « Le retrait de deuil » pp. 55-63.

Une certaine  » modernité se laisse à voir dans ce texte de par un vocabulaire que je trouve assez tendance comme la lexie de » cotis » p. 56 en ce qui concerne la nourriture que l’on mange pendant le retrait de deuil

Bien plus, à propos des boissons on peut lire:

  » Ce comité responsable des boissons se lance dans la recherche du vin de palme afin d’ajouter une couleur locale à leur ensemble » (p. 56). En quoi le vin de palme ne sert-il qu’à y introduire un parfum local dans les boissons consommées lors de cette veillée? Est-ce à dire que les autres boissons sont importées? 

Pour ma part comme pour beaucoup d’autres personnes, l’écriture est un mélange de l’imaginaire et du vécu de l’auteur. C’est pourquoi on  trouve des produits courants comme les cotis,  les boissons modernes, etc à côté des provisions venant du terroir. En ville, le vin de palme est une boisson rare. C’est pourquoi les membres du retrait de deuil veulent en boire à bas prix lors de ce court séjour au village.

Je crois que l’ inexistence de l’église en ces lieux de retrait de deuil signe encore le fort taux d’animisme dans la contrée où se déroule ce retrait de deuil. On peut aussi y voir la difficulté de la religion chrétienne à s’installer dans des contrées souvent éloignées des centres urbains. Etonnant n’est-ce pas lorsque l’on sait qu’aujourd’hui, dans de nombreuses  contrées du pays, des églises éveillées naissent au fil des jours. Qu’en penses-tu?Signe des temps?

Les églises catholique et protestante sont implantées dans les centres urbains ou d’autres regroupements plus importants que le village. Les responsables ont leurs raisons non liées au degré d’animisme des villageois. Les églises éveillées installent parfois de petites cellules de prière dans les villages et qui ne sont pas comparables à de véritables églises.

Un vocabulaire varié qui relève des rites, traditions et croyances de
chez nous inonde particulièrement cette nouvelle.
Le mwiri, ce « livre » que des hommes lisent ,gouverne le déroulement de la branche traditionnelle de ce retrait de deuil.
Est-ce un choix de l’auteur de préférer parler de la mort d’un homme Bioko?
Quels sont les motivations? Est-ce parce que l’auteur le maîtrise plus?

Le mwiri est à la fois un mythe et une société secrète des hommes. Les femmes ont les leurs comme le nyembé ou ndjémbé, le lyssimbou, le mougoulou, etc. Le mwiri a été prévu ici parce-que ce retrait de deuil fait suite à la mort d’un homme qui était initié à ce rite. Le choix d’un homme est tout simplement un hasard.

Et que dire des femmes en ces moments? Se cantonnent-elles  aux danses laiques   ( musique moderne)?

Non, elles participent aussi selon l’art et les valeurs à respecter

Une poétesse pour  donner goût à un certain lyrisme par l’épopée de Mambwang  est-ce possible ou est-ce une simple envie de  » fantasmagorie »?

L’épopée Mumbwang est maîtrisée à la fois par les hommes que par les femmes. Le choix d’une femme est ici hasardeux.

Comment justifier l’abandon des assiettes sur les tables alors qu’il y a des équipes  toutes désignées pour ramasser ces objets usagers?

Après manger, les convives laissent leurs assiettes sur les tables où les hôtesses ont plus de facilité pour les ramasser

Cette organisation souffrirait-elle de défaillance ou bien cela se donne t-il  à lire dans un certain laxisme des uns et des autres signalant une  déperdition de « savoir faire » et devoir être propre et ordonné?

les invités à une cérémonie au village ou en ville ont l’habitude de ne pas  apporter une aide quelconque aux organisateurs de la manifestation. C’est le cas des assiettes qui sont déposées sur les tables par les invités après avoir mangé. Je ne dis pas que c’est là une bonne habitude de rester les bras croisés alors que donner un petit secours est souvent  accepté avec bonheur. Tout ceci est le résultat d’une certaine éducation de chaque personne.

Pourquoi ce retrait de deuil en deux facettes traditionnel/ moderne?

La société actuelle est métissée culturellement, c’est pourquoi ce retrait de deuil a des formes traditionnelles et modernes.

Quelle place accorde t-on à la veuve si son maintien dans la famille ne lui est  possible que par la maternité?

La veuve peut rester dans la famille de son mari décédé même si elle n’a pas eu d’enfant. La présence des enfants est tout simplement un facteur qui resserrent un peu plus les liens entre celle-ci et sa belle famille.

Mpenga Annie Lucienne/ Nza Mateki.

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