La plume et les mots du Gabon

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5 novembre, 2007

Il y a un réel problème

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 10:06

Et Voici mes mots.

 C’est vrai que les arabes et les ouestafs, lorsque ceux-ci sont de ce côté ci de la Méditerranée, c’est toujours dans la perspective d’un retour glorieux chez eux. Ils supportent les difficultés, les boulots les plus dévalorisant et toutes les autres mauvaises conditions de vie, dans un seul but: se faire de
l’argent et l’envoyer au pays. C’est ainsi qu’ils ont villas, voitures de luxes, écoles et autres établissements chez eux où ils sont respectés et honorés.

Quant aux gens de la fôret, les sapeurs et autres frimeurs d’Afrique centrale, eux, non seulement ils passent le temps à demander de l’argent à leurs parents du pays (les autres, c’est le contraire), tout ce qu’ils gagnent dans les petits boulots va dans les habits griffés, les bijoux et boîtes de nuits. Du lundi au dimanche, c’est la fête à la maison.
Il faut entretenir le mythe. On vient d’un pays riche, donc on est riche. Il ne faut surtout pas se faire passer pour pauvre devant un malien. Ah ça non! Il faut lui en mettre plein les yeux.

Au téléphone, en usant de cartes prépayées qui leur accorde un bon temps de communication à moindre coût (carte), on dit au cousin du village qu’on connait telle ou telle autre célébrité, qu’on est le pote de Yannick Noa… mensonges, mensonges, mensonges….

Tout cela pour entretenir le mythe et donner l’envie au gars d’Akebé Kinguélé qui, fièrement, le soir au bistrot, chez Ya’Koumb, va parler  goulument de son pote, comme s’il s’agissait d’un Dieu et finir par dire: « Moi aussi je vais aller en France! »

Cependant, il faudra faire une étude sur les origines sociales de ceux qui restent en France et oublient de rentrer chez eux ( au Gabon). Je crois, pour la plupart, qu’ils ont des origines modeste ou pauvre.

 Le seul fait d’être en Europe ou aux Etats Unis constitue pour eux une forme d’évolution. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils vont vivre
dans une maison en dure, qui plus est, en étages. Aller dans les toilettes des blancs, vivre avec des blancs, etc. Alors que jusque-là, ils ne
connaissaient que le « matiti » et les « coupé-coupés ».

 C’est vrai qu’il y a aussi les fils de nantis, mais pour ceux-là qui ont déjà tout, c’est une sorte de luxe. A n’importe quel moment ils peuvent revenir. Une maison et un travail, voire même une voiture, les attendent au pays. Ce qui n’est pas le cas de notre kocoumbo.

Alors, ce dernier prefère ne pas prendre de risque. Puisqu’il est bien dans son HLM, il y reste. Même si avec un doctorat en Histoire, tout ce qu’il a
pu trouver comme travail, c’est « Veilleur de nuit »dans un hôtel ou « Surveillant » dans une Ecole.

 A l’occasion des vacances au pays, avec ses 500 euros (450 000 F cfa) et ses nouveaux costumes achetés à Barbes, il sera le Roi du village. Poulets, moutons et filles (ou garçons), tout sera à lui pour le temps d’un mois. Mieux encore s’il a dans ses bagages une femme blanche et des enfants métisses. Ca, c’est la coupe du monde !!!

Et puis, il reviendra. Il aura fait son cinéma. Dans sa quotidieneté, métro, boulot, dodo.

Notre Docteur ira raconter les fables de sa vie dans un bistrot, à l’angle de la rue principale de son quartier.
 Pour ceux-là,  ces docteurs là, la vie devient un gouffre, une répétition, rien ne change: Poulet fumé à l’odika ( reçu du pays par le canal d’un parent ou ami, ), Semoule bien tournée. Une bouteille de bordeaux. Des potes du pays. Il fait froid. C’est l’hiver. Une bonne période pour faire l’amour et se rappeler qu’au pays il fait chaud.
« Tat’Koumb, Tat’Doung, Tat’Dibong, Moussavou qu’est
qu’y a? »

Dékombel alias Sangchaud.

2 novembre, 2007

Les crocodiles.

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 16:30

Le Malaise des crocodiles: une surprise pour une secrétaire trilingue au Gabon.

je reste ébahie par ce que je viens de lire.

Sincèrement moi dans mon Gabon natal où tout le monde crie à la merde, je ne pouvais pas imaginer qu’un réel malaise existe chez les partis vers d’autres cieux plus propices et surtout plus développés. Si tu l’exprimes, toi qui est restée longtemps là-bas c’est que c’est une réalité. Vraiment mais pourquoi ne reviennent-ils pas chez eux ? notre pays n’est pas aussi mal paumé que cela. Regarde tous les ouest africains entreprenants qui trouvent des milliards à ramasser à la pelle au Gabon et sans oublier les européens et les asiatiques ! il suffit de quelques bonnes résolutions et faire travailler les bras et les meninges et on s’en sort. Nos villages sont désertés malgré l’effort du conseil de département pour construire les écoles, infirmeries et habitations de directeurs d’école et d’infirmiers mais personne ne veut y rester même si on souffre en ville, on préfère rester chez les frères et squatter et alourdir les charges des autres.

Il y a tant à gagner au Gabon pour ceux qui savent chercher l’argent, notre poisson dans l’eau ce sont les étrangers qui le finissent pour nous le revendre à 2000frs le kilo, la feraille qu’il y a par terre, ce sont encore eux qui le RAMASSE CADEAU pour l’envoyer traiter ailleurs et nous le revendre très cher… il y a tant à faire et nous enrichir mais nous sommes trop paresseux.

Vraiment je ne pouvais pas imaginer que rester chez les blancos se payait aussi chers. Il vaut mieux être comme les ouest africians qui immigrent au sud pour ne pas être trop dépaysés mais ceux-là construisent d’abord chez eux et même des ponts, des routes pour le bien public même s’ils se sacrifient à l’extérieur…

Eh oui, l’orgueil et la fuite en avant ne servent qu’aux imbéciles, une bonne prise de conscience et un bon CELA SUFFIT peut changer beaucoup de choses mais malheureusement on se contente de verser des larmes de crocodiles.

Je souhaite une bonne continuation [ à ce blog] mais faites gaffe, on connais le nègre, il n’aime pas qu’on lui crache la vérité, (…).Donc s’il ne veut pas comprendre, chacun paie pour ses actes et ses erreurs.

ONC

31 octobre, 2007

Où et comment vivre au Gabon?

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 9:50

 Les crocodiles vus par une femme, une mère, une soeur, un agent économique: Stogo Scholastique

Je ne suis pas très lecture, mais j’ai vu à la télé Ludovic OBIANG parler du titre auquel tu fais allusion.

La réflexion que tu as menée est profonde et pourrait certainement inspirer plus d’un et, par conséquent une kyrielle de romans.

Effectivement,… ils sont nombreux (pour le seul cas de notre pays que je connaisse) qui pensent que la bonne vie est celle que l’on mène en Occident. Le plus souvent nombreux sont ceux qui s’y établissent après un séjour estudiantin sans avoir au préalable étudié le pour ou le contre d’une telle décision.
Vivre coûte que coûte en Europe, en Amérique ou en Asie avec  ce que cela comporte comme exigences (documentation de séjour en règle, humiliations, racisme, misère,…et même prostitution pour le genre féminin), pourvu que ses parents  ( restés en terre d’origine)  se vantent au pays d’avoir soit un enfant, soit un frère au « boul » ( en Occident).
Je ne suis pas encore sortie du pays, mais à entendre certains échos, la réalité est parfois très dure pour beaucoup d »immigrés », puisqu’il y en a qui choisissent d’y rester en dépit de plusieurs aléas.

En revanche, il y en a qui mûrissent la réflexion avant de décider de vivre loin du pays (bien sûr après avoir fait plusieurs calculs).J’ai par exemple appris que les allocations familiales en France constituent une grande source de revenus pour les familles, ce à quoi s’accrochent beaucoup de nos frères africains. 
Dans d’autres cas, ce sont les enfants issus de milieux aisés qui préfèrent vivre à l’étranger pour fuir la vie dure et compliquée existence, vécue au pays et dont leurs protecteurs respectifs (qui demeurent les privilégiés impunis d’un système qui engraisse une petite minorité au détriment de la majorité qui piaille de faim, de soif, de maladie, mais aussi des conditions de vie exécrables) auraient même été les artisans proches ou éloignés.

Pendant ce temps, nous qui avons grandi au pain et au sucre et qui nous plions en quatre chaque jour pour améliorer un tant soit peu le quotidien de notre progéniture, regardons impuissants, en direct à la télévision, les émissions où les enfants et autres petits fils de mamadou ( homme riche) , distribuent des liasses   d’argent en espèces ou  des paquets cadeaux en chèques géants.

Effectivement, …à un âge certain, la vie rose et douillette menée en Europe ou dans un coin du monde loin de notre pauvre Afrique se transforme en regrets ou en … remords.
Chacun pense finalement à revenir là où il reste convaincu que le jour de sa mort, sa bière sera entourée par ceux qui l’on vu naître et grandir (même s’ils n’ont aucune idée de la manière dont il a mené sa vie).

Je suis sûre que la question du logis est celle qui taraude l’esprit après celle de revenir au bled, mais ils sont aussi convaincus que la joie des parents de voir revenir leur rejeton au bercail leur assure déjà une place quelque part (le plus souvent au domicile familial – tant pis pour les conditions de vie surtout pour celui qui aura choisi de partager sa vie avec une « femme blanche »).
Le plus souvent, c’est à ce moment précis que chacun s’aperçoit que tout  l’argent dépensé dans les casinos et autres coins de plaisirs divers aurait pu servir à se bâtir une case au pays.

Malheureusement, pour les moins futés et les mal encadrés ( les nationaux ), c’est au crépuscule de notre vie que nous réalisons que la vie est tellement belle que l’on n’a pas vu passer les années. Alors, on plonge dans un questionnement qui va désormais hanter notre esprit :
Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ?
Où est-ce que l’on va me pleurer ?
Que vont devenir mes enfants quand je ne serai plus là ?
Est-ce que de mon vivant mes rapports avec mes frères et sœurs ont été empreints d’amour pour espérer qu’ils s’occupent convenablement de mes enfants quand le Tout-puissant m’aura rappelé à lui ?

Le comble c’est que, c’est précisément à ce moment que l’on réalise que l’on ne peut ni ramener en notre faveur le temps qui s’est écoulé ni rattraper ce que l’on n’a pas pu faire.

A ce moment aussi, il naît en ceux-là, non seulement, un sentiment d’infériorité vis-à-vis de ceux qui ont entrepris plus tôt d’assurer leur vie sur terre et l’avenir de leurs enfants, mais surtout il y en a qui ont le toupet de trouver des boucs émissaires pour justifier  l’échec de leur vie.

Fort heureusement que la partie qui précède ne concerne pas que les candidats à l’immigration réfléchie ou non réfléchie.

Au pays aussi, l’on connaît des exemples de compatriotes qui même après de brillantes études qui, par la suite leur confèrent un statut social envieux, se retrouvent à l’âge de la retraite sans abri.  Etonnant n’est-ce pas?

 Ayant choisit d’habiter toute sa vie dans une concession clôturée, alors qu’il n’a pas pu s’en bâtir une, il n’aura réussi qu’à faire compter – à son entourage – le nombre de cylindrées dernier cri dans lesquelles il a souvent arboré dans l’espace arrière de la voiture un costume de tissu  super 200y100 dont le type du mapan ( bidonville) ne sait distinguer si c’est le super 100 ou le super 1000.

Enfin……………………… qui sont les crocodiles ?  JE NE SAIS PAS.
Ce que je sais, c’est que la vie est une pieuvre à plusieurs tentacules. Si tu utilises celle qui est puissante, tu pourrais saisir la proie, la bonne proie, l’utiliser à bon escient et en sortir ravi.

LA VIE EST TELLEMENT COURTE ET PLEINE DE PIEGES QUE, SI L’ON NE S’Y PREND PAS BIEN ET A TEMPS, L’ON FINIT AU BOUT DU TUNNEL AVANT MEME D’AVOIR RENDU SON SOUFFLE A DIEU.

27 octobre, 2007

Qui sont les crocodiles dans l’oeuvre de Ludovic Obiang?

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 14:46

 Qui sont les crocodiles ?

Voila la question que je me suis posée en lisant le titre du recueil de nouvelles de Ludovic Obiang. Et il m’a fallu lire entre les lignes pour tenter de comprendre de qui il s’agit?
Ce que je peux vous dire c’est qu’ils sont nombreux. Et leur nombre ne cesse de croître face à la misère que l’on imagine à tort ou à raison grandissante. De quelles misères s’agit-il ? Elles sont diverses et touchent de nombreux secteurs de la vie courante. Et pour palier à cette défaillance, nombreux s’imaginent que l’exil dans des pays »réputés » développés constitue le parachute qui leur permettra d’atterrir en leur terre d’origine en véritable héros, au cours des voyages qu’ils effectuent, une fois par an, tous les deux ans, tous les trois ans …
Mais voilà, la réalité est toute autre sur le terrain, » ceux qui sont restés au pays ne sont pas des ignorants ou des incrédules », ils savent que la vie n’est pas facile, mais ils s’accordent à vivre en faisant le mieux qu’ils peuvent pour ne pas être absorbés par l’impôt familial, par des attitudes alimentaires, intellectuelles, professionnelles »simplistes »…
Ceux qui optent pour l’exil définitif se surprennent parfois à vivre dans un monde où ils n’ont aucune attache réelle et n’ont pas pu se réaliser non plus dans leur pays d’origine. Laissant derrière eux tout ce qui fait leur être, ils se rendent compte la cinquantaine passé ailleurs (Europe, Amérique, Asie) qu’ils n’ont rien fait de consistant. Parfois, ils n’ont même pas pu se construire un petit nid douillet dans la grande forêt équatoriale, léguée par leurs ancêtres et qui n’attend qu’eux. Ils comprennent trente ans après leur installation en terre d’accueil qu’ils peuvent bénéficier de quelques privilèges climatiques , médicaux, etc.… Mais que cela n’est pas toujours suffisant. Venus en détail, ils font partie d’un » bétail » en dehors duquel leur épanouissement est mi-mangue mi -raisins pendant ces longues années « extérieures »
Gangrenés par le manque de chaleur, de reconnaissance dans la rue, d’un simple « bonjour » long et chaud, gagnés par le poids des années et l’incapacité de commencer à 0, lorsque les collègues de classes, les amis d’une même génération sont déjà à 10, les crocodiles se mettent à pleurer et à comprendre que leur choix pour l’exil n’a pas été aussi fructueux qu’ils veulent le laisser croire. Les voilà à présent larmoyant en secret et rongés par »un si je savais » ( culpabilité) qui ne leur permettra pas de saisir le taureau par les cornes et de se dire » il n’est jamais trop tard », il faut que j’aille sur le terrain, non pas pour montrer aux yeux du monde et à moi même que je porte des costumes et des sacs de grandes marques, onéreux, mais me faire mon lieu d’accueil, de retrouvailles avec les miens et moi-même. Cet effort de dépassement n’est possible que lorsque l’humilité, la modestie, la capacité à être simple et à faire de grande chose s’accompagne d’une détermination valable et sévère ( pour soi même).
Sans cette prise de conscience, les années passent et le désenchantement est visible. Ils n’en peuvent plus, ces crocodiles qui ont peur d’avoir honte chez eux, parce que n’ayant rien réalisé là-bas et parfois embarqués et embourbés dans des difficultés financières tant imprévues que prévues et garanties par un système de vie dans le pays d’accueil que même les »locaux » les ‘indigènes », les autochtones de ces grands pays ne maîtrisent même pas ( Crise de l’immobilier actuelle). Ne pouvant que s’offrir des pates comme repas quotidien, ils maugréent leurs chagrins et essaient de se distraire devant des feuilletons télévisés tant insipides que fades. Ces derniers, parlent d’amour à l’eau de rose, de violences conjugales, de crimes, de meurtres. Dégoutés par ces horreurs qui ne les font pas jouir, les crocodiles »ruminent » leurs ennuis et s’ennuient cloitrés dans leurs appartements. Ils recherchent ce rire chaud, humain. Mais ne le trouve pas. Quel gâchis!
Ils essaient de contenir leurs peines, en pensant à un avenir meilleur dont le bout du nez ne se laisse pas voir à l’horizon. Meurtris, ils se laissent griser dans une vie d’apparence. Seul cet écrivain a osé indexer ouvertement la question que tout le monde se pose en sourdine tout en sachant la réponse: Et si ils pleuraient pour de vrai… Personne ne veut le croire, nul ne peut le croire. Pourtant, même après avoir passé trente ans sous les eaux, un crocodile ne pourra jamais se transformer en caïman et jouer dans la même cour qu’un crocodile pour le disign : lacoste.
Mon grand père ne disait-il pas qu’il vaut mieux avoir un petit chez soi chez soi, qu’un grand chez soi chez autres. Il n’est pas interdit de se rendre visite, de se dépanner en cas de »morceaux durs » à avaler tout seul. Il ajoutait
Mais il vaut mieux s’assurer d’être assis sur la branche d’un arbre qui pousse sur sa propre cour que sur celle du voisin.
Pourquoi?
Lisons les autres nouvelles pour mieux répondre. Mieux encore, disons des mots plus longs sur d’autres crocodiles.

21 octobre, 2007

Que retrouve t-on dans l’assiette des Gabonais?

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 12:43

 Que mange les Gabonais?

Voilà une interrogation qui hante mon esprit au regard  du taux de mortalité dans les agglomérations urbaines et particulièrement dans les provinces où le developpement industriel est présent.

 Les scientifiques estiment que les complications sanitaires  ( developpement de l’hypertension artérielle, insiffisance reinal,  etc…sont dues à une malnutrition accrue tant les coûts des denrées alimentaires sont élevés).

 Les Gabonais  se restaurent  »dehors », dans ces établissements précaires qui proposent des plats dont la diversité et la qualité nutritionnelle  n’est sont pas averée.  L’huile, le sucre, le cube maggi, l’arome maggi, la mayonnaise, etc..coule à gogo  dans  les repas de nombreux de mes compatriotes.

Bien plus, l’arrivée massive des denrées alimentaires surgelées ou non en provenance de pays industrialisés et à la portée des petites bourses est tout aussi inquiétante au regard de l’absence de contrôles scientifiques sur ces produits dont on ignore la composition réelle. 

Les Gabonais  comme tout client recherchent d’abord à acheter le moins cher possible un bien. Mais jusqu’où sont-ils capables d’aller?  Les produits de très bons marché que l’on nous propose ci et là dans le grand marché de Mont-bouet, ne sont-ils pas porteurs d’élements chimiques ou toxicologiques. Bien des scandales émaillent et emoussent les puissances économiques mondiales.  Il est grand temps que les Gabonais s’interroge sur ce qu’il y ‘a dans leur assiette et le moyen d’en assurer la garantie qualitative. 

   La lecture de cet extrait  de texte  tiré d’un roman non encore publié à ce jour lance subtilment un cri d’alarme sur l’alimentaire.

-Que te dire? Que ne pas te dire mon enfant? Ils seront obligés de prendre leur mal en patience. Personnellement, je ne peux répondre à cette question. Qui ignore que notre pays s’illustre mondialement par un coût  de vie élevé? Il n’est pas aisé de vivre à Goupou. Y assurer la survie de plusieurs personnes est un défi difficile à relever au quotidien. On ne vit pas ici, on tente de survivre en permanence. Moi aussi j’héberge des individus qui encombrent ma demeure. Depuis le décès de ma mère, il y a plus de sept mois, certains membres de ma famille dorment encore sous la table, en attendant que je prépare leur retour dans leurs villages respectifs. Je suis dans l’obligation de les loger, de les nourrir. Aucun d’entre eux ne cherche à savoir où et comment je trouve de quoi assouvir leur faim. Ce qui leur importe, c’est que tous les matins, ils jouissent d’un nombre de pain suffisant, du beurre, du café, des jus d’orange. A midi, un copieux déjeuner inonde leur table. Et le soir venu, le dîner soutenu par des victuailles de bonne qualité s’offre à eux. Histoire, disent-ils, d’honorer la mémoire de ma mère. La seule question que je me pose, mon petit[1] , est celle de savoir ce que la mémoire de ma mère vient chercher là ? Elle dont le corps décomposé, ne sent plus rien et ne jouit plus de ce qui existe sur terre. Sous terre, cette pauvre femme n’a plus écho de ce qui se passe ici haut. Mais on veut me faire croire qu’en hurlant tous les matins, et tous les soirs avant de manger, cela participe à lui faire entendre que l’on pense à elle et que son absence est cruelle, attriste et rend malheureux. Mon œil ! C’est justement à cause de sa disparition que certains peuvent jouir du privilège de prendre une tasse de lait chaud ou froid, assortie d’une belle et tendre tartine. Une chose est certaine, le motif de leurs pleurs, ce n’est pas tant la perte de leur sœur, tante et cousine en la personne de ma mère. Leurs lamentations trouvent  origines dans l’incertitude du lendemain: comment faire pour se loger dans les villages où les toits ont été la proie de la grande saison des pluies et n’ont jamais été réparés pendant la saison sèche ?   Telle est la préoccupation qui broie les pensées de ces parasites en ces moments iconoclastes. Au fond, dans leurs hurlements quotidiens, ils s’interrogent sous le couvert du chagrin causé par la mort de ma mère sur leur situation de villageois paresseux. Nombre d’entre eux n’ont pas voulu débrousser une partie de la forêt pour en faire un champ où ils cultiveront patates, taros, tubercules de manioc, piment, arachides, oignons et bien d’autres denrées alimentaires très prisées et nécessaires pour une meilleure alimentation.     Et pour se justifier de leur manque de nourriture, ils prétexteront que la longue et pénible maladie qui a entraîné la mort de ma mère, a été un frein pour les travaux champêtres, tant ils étaient préoccupés par cette terrible et terrifiante épreuve. A y voir de plus près, ceux qui l’attesteront n’ont jamais su comment tenir une plantation. Ils passent le plus clair de leur temps, à se servir pour ne pas dire à voler dans les champs des voisins au péril de leurs vies.    Et c’est devenu une mode à Nikiamangui et Ondombo, respectivement village de la cousine et l’une des tantes paternelles de Gapen. Situés au bord du lac Avanga dans la province de l’Ogooué- maritime, plus précisément dans le département de Bendjé, ces beaux villages, jadis paisibles et tranquilles, regorgeaient d’hommes vaillants, courageux et travailleurs. Ils se nourrissaient du fruit de leur travail ; se respectaient mutuellement. Nul n’osait s’accaparer  ce qui ne l’appartenait pas. La poule du voisin pouvait s’aventurer sur le terrain d’un autre, sans risque de se faire plumer dans l’anonymat complet. Le travail faisait l’homme et le paresseux était très vite marginalisé. Alors, chacun s’attelait à être digne. Cependant, des brebis galeuses gangrenaient la vie de ces bons paysans, mais leur nombre était très insignifiant. A présent, la paresse, le vol, l’escroquerie, en un mot l’esprit de facilité a gagné ces villages. Et on compte désormais, du bout des doigts les honnêtes et valeureux cultivateurs, agriculteurs. 

    Dans mon village, le nombre  de personnes en proie à l’esprit de facilité est grandissant . Lorsque certains d’entre eux sont pris en flagrant délit, ils subissent des lourdes peines. Après avoir écopé de ces horribles sanctions, certains font le choix de l’exode rural ; viennent dans les grandes villes, dans l’espoir de noyer leur sulfureuse réputation de flibustier. En s’éloignant du village, ils espèrent embellir leur situation. Les chemins pour y parvenir sont multiples. En ce qui concerne les femmes qui bénéficient de ce passé méphistophélique elles se mettent rapidement en ménage avec le premier venu, pourvu qu’il soit véhiculé. En ce qui concerne certains hommes ils se risquent à devenir des boys chauffeurs, des gigolos ou tout simplement des célèbres voleurs, et s’illustrant dans la scélératesse, avec pour ambition de faire le coup du siècle et de secouer rapidement la misère dans laquelle ils se vautrent depuis des lustres. Mais comme chaque chose a une fin, ils se font le plus souvent rattraper par les forces de l’ordre et finissent leurs jours dans la grande prison de Goupou dénommée Gros bouquet, mais sans le gros bouquet, car, le butin est en possession du chef du gang auquel ils appartiennent.     A Goupou, il est de coutume, que la tête pensante d’un groupe de malfrats soit un ressortissant étranger. Aussi étrange que cela puisse paraître, nul ne peut énoncer avec exactitude, la véritable nationalité d’un chef de fil. C’est sous l’appellation générique de ressortissant d’Afrique de l’Ouest que le quotidien national d’information présente ces  grands brigands semeurs d’affres. Une manière  bien futée de préserver les relations entre les diverses nationalités africaines qui s’enchevêtrent et s’engouffrent sur le sol réputé riche de Goupou. 

  Mais nul n’est dupe, ce sont toujours les mêmes, les étrangers, que l’on accuse à tort ou à raison. Toutefois, la complicité des nationaux, des amies, des frères, des cousins est plus qu’avérée. D’ailleurs, ce sont eux qui font la prospection des lieux la journée, en rendant visite aux leurs. Ils viennent, sous prétexte d’une visite fraternelle, amicale recenser des objets de valeurs qui se trouvent dans ces belles maisons huppées où vit une de leurs connaissances. C’est la nuit tombée qu’ils lanceront l’assaut . On ne le dira jamais assez, mais il faut toujours le redire : la mort ne vient jamais de loin !     La dignité de certains villageois s’est envolée. Le travail de la terre n’attire plus de nombreuses mains. C’est le règne de l’économie de la pauvreté comme le disait un compatriote. Cette dernière est axée sur la consommation des produits manufacturés en provenance de pays étrangers et dont les coûts sont extrêmement élevés, mais ne suffisent pas pour dissuader les apathiques villageois. D’ailleurs, ces derniers se contentent d’attendre que leurs parents vivant et travaillant dans les grandes agglomérations urbaines, fortement ravitaillées en ces produits étrangers les leur envoie. Certains oncles de Gapen ne se gênent pas de faire du courrier à leur enfant travaillant à Goupou, dans lequel, ils demandent des denrées alimentaires importées. Et cela ne choquent plus certains compatriotes de voir des sacs de riz en provenance de Chine, du Vietnam et d’autres pays d’Asie s’enchevêtrer dans les camions et voitures à destination de Kango, Ndjolè, Mouloundou, Matsatsa, Akok, Cocobeach, Lambaréné, etc. Et ce n’est pas tout. Les cartons de spaghetti, de macaroni, sans oublier les sacs de foufou, de patates douces, d’ignames produits du Cameroun convergent aussi vers ces destinations. A y voir de loin, on pourrait croire à une simple mise en scène, tant il est surprenant de constater que les habitants de Goupou se contentent de pratiquer l’économie de la pauvreté, en achetant la quasi-totalité des denrées alimentaires auprès de leur voisin, le très célèbre Cameroun dont les prouesses footbalistiques sont mondialement reconnues. Il faut tout de même noter avec insistance que ce n’est pas seulement dans le domaine sportif que ce pays charme les ressortissants des pays frontaliers et éloignés. Les marchés de Goupou, sont pleins de ces bons, beaux et tendres fruits plantés par les Bamilékés. Et nombre de personnes à Goupou ne cessent de bénir le ciel, d’avoir fait des Camerounais, des êtres conscients du fait que rien ne vient tout seul dans l’assiette, il faut se remuer les phalanges pour bien et mieux manger. Et c’est là le début du bonheur. Une sagesse que beaucoup de villageois, résidant dans les départements de Lolo-Bouenguidi, et de Lombo-Bouenguidi  ont vite fait d’oublier, au regard de l’esprit de facilité qui gangrène les modes et les genres de vie dans ces contrées dites de l’intérieur du pays, qui, pendant longtemps, ont fait la grande fierté de l’Afrique Equatoriale Hexagonale. Une chose est certaine et il faut le souligner avec ferveur, la fainéantise broie des vies, et de multiples victimes de ce fléau, essaient de se justifier en fustigeant, le manque d’offre d’emploi dans les établissements commerciaux et administratifs de la région. Moult d’entre elles, pensent que le travail dans le secteur primaire est très dévalorisant. Alors, ils préfèrent s’accrocher désespérément à une potentielle ou hypothétique offre d’emploi, au lieu d’aller passer leurs journées dans les champs de bananes, d’arachides ou autre, pour ne récolter de quoi se mettre sous la dent. Et éviter ainsi le vice. 

  « Le travail de la terre ne paie correctement son homme. Il est vrai qu’il peut bien assouvir quelques besoins fondamentaux, mais ne peut pas, du jour au lendemain, rendre un agriculteur multimilliardaire. Alors, il n’est guère plaisant se crevasser la santé, en semant des grains ou en plantant des boutures de manioc sous un soleil de plomb », telle était la philosophie de mon oncle Yandong . Il répétait inlassablement ces propos. Malheureusement, il passait  le plus clair de son temps à quémander de quoi se mettre sous la dent. Cet homme finit par prendre le surnom de Essayanowè.     Les plus crédules de ces fainéants choisissent  parfois de passer des nuits entières dans les églises éveillées ou non, à prier le bon Dieu afin que son infinie grâce puisse les sortir du besoin.  Ce qu’ils oublient c’est qu’il n y a rien de mieux que de se bouger les phalanges pour s’éloigner du vice. Mais nombreux préfèrent user de leurs cornes vocales. Evidemment  le résultat n’est pas le même. 

  Qu’on se le dise, une fois pour toute, Dieu n’est pas sourd. C’est pourquoi, il est recommandé de prier à voix basse. Cela ne sert à rien de crier aussi fort que Doussala-Mbourou lorsqu’il adresse ses doléances au Père éternel. Dans son élan, il lui arrive d’aboyer, au lieu de crier ou de prier normalement. Certes dans les pratiques religieuses, les modes d’emploi et les emplois du temps varient selon chaque religion, selon la volonté du chef de ces assemblées cultuelles ; mais, il ne faut pas s’étonner que certaines églises perdent plus d’âmes qu’elles n’en recrutent. Au point où, on rencontre des églises composées d’à peine dix à vingt personnes de plus en plus jeunes. Le grand bruit précipite parfois, la disparition des sont en proie à un bruit effarant, chrétiens d’un âge certains, ne prient pas dans des bonnes conditions. En venant chercher la guérison, la paix, la joie de vivre à l’église, ils y trouvent l’absence de confort, la chaleur, le bruit, les odeurs de sueurs et parfois, les crises cardiaques et la mort. Pourquoi les nouveaux chrétiens à Goupou, sont-ils aussi paresseux ? Pourquoi, n’arrivent t-ils pas à ériger des belles et somptueuses églises en planches, bien aérées, où il serait agréable d’y aller prier; et ce dans le calme et la concentration requise ?       La nouvelle conception de la richesse étonne plus d’un. Elle ne se mesure qu’au numéraire et suscite la convoitise, l’insatisfaction et dans certains cas l’insatisfaction la mélancolie. Il est nécessaire de croire, que toutes les richesses ont leur importance. La différence entre une richesse monétaire et une autre alimentaire n’est pas aisée à établir, surtout lorsque l’on sait que l’homme vit aussi de pain. Le grand-père de Gapen n’affirmait-il pas que les villageois qui travaillent n’envient pas certains citadins qui ne peuvent pas s’offrir un repas complet tous les jours. Ce qui se met dans le ventre est beaucoup plus important que ce qui se porte sur le corps. A Goupou, c’est le contraire de cette maxime que plusieurs des anciens collègues de travail de la mère de Gapen épousent. Ils préfèrent soigner leur apparence au détriment de leur estomac. Dommage ! Ce n’est pas du kongossa[3], mais plutôt la vérité, du live[4]. Si toutes les langues pouvaient se lever pour fustiger et dénoncer les horreurs qui sévissent à Goupou…    

  


[1] mon enfant

[2] sur terre

[3] médisance

[4] La réalité

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7 octobre, 2007

Edna Apinda: son point de vue sur la lecture et l’écriture

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 21:10

 Lecture et écriture

Auteur     : Edna (IP: 213.41.28.34 , mail.cd.perenco.com)
E-mail     : merey@caramail.com
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Commentaire:
je lis beaucoup, un peu trop peut-être.
mais…
auteur, j’espère marquer la litterature de mon empreinte en espérant toujours être heureuse d’écrire et d’être lue dans 20 ans.heureuse de pouvoir, je l’espère, partager cette passion pour la lecture avec d’autres.
en espérant que ce blog permettra un échange d’idées sur l’écrit au Gabon et en Afrique.

 

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