La plume et les mots du Gabon

sociolinguistique, discours, littérature, arts

23 octobre, 2007

Synthia Ngoma: l’autre

Classé dans : publications gabonaises,suggestions de lecture — azokhwaunblogfr @ 8:15

 

synthiangoma.gif  L’auteur de L’Autre vous  envoie ce message.

J’espère  pouvoir trouver très bientôt, ici au Québec, une maison d’édition qui distribue au Gabon, afin de répondre à votre attente. Telle est le but que je me suis fixé pour mon prochain roman. L’Autre, représente mon introduction dans le monde de l’édition par son esprit de bohème. Il unit deux genres littéraires dont le fruit révèle l’univers insolite de mon écriture printanière. Tout au long de mon chemin dans le monde parallèle qu’est l’édition, je tente et tenterai encore de faire honneur à la culture gabonaise dans sa diversité, en imprégnant mes récits des expériences de mon vécu.

Si un jour, vous avez l’occasion de lire L’Autre, j’espère que vous voyagerez autant que je l’ai fait en l’écrivant.

Synthia Ngoma

22 octobre, 2007

Prisca Olouna

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 17:32

priscaolouna.jpg Prisca Olouna

 olounaprisca.jpg La Force de toutes mes douleurs. 

  Loin de ne pas nous présenter une autobiographie des plus gaies, l’oeuvre de Prisca Olouna retrace les misères d’une jeune  fille sur laquelle s’acharne un destin très noire. La Force de toutes mes douleurs est ce  discours rigoureux sur une société en porte  à faux avec  un mot bien grand : l’intégration.

Nadège Noèlle Ango Obiang: une plume prolixe

Classé dans : publications gabonaises,suggestions de lecture — azokhwaunblogfr @ 17:23

angoobiang.jpg  Avec  autant de pièces de théâtre publiées à son actif,  cette écrivaine est la plus prolixe en la matière. Elle a écrit  des nouvelles. Nous lui devons un ouvrage fort et plein d’interêt: Le testament de mes pères . Mais aussi un roman:

obiangnoelle.jpg La femme violeur. Pulsions, Violences et Trahison. Ce roman résume dans de multiples facettes les ombres vivantes et ténébreuses des tourments pulsifs humains. Reine un jour, maudite et salie à jamais, une femme peut-elle s’en remettre à un monde qui se renie ? La femme Violeur, comme une fable, raconte la honte et la colère de n’être plus qu’une autre…créature.

 Des pièces de  théâtre

 -La Chambre des Fées

angoobiang9.jpg -  Oyap, Mbamengue, le polygame .

Oyap onawou, autrement dit en Fang, le lointain c’est la mort. Qui mieux que l’Afrique peut décrire et répandre comme un volcan furieux les cendres des deuils et des espoirs dérobés ? Oyap est une pièce de théâtre en duex actes qui parle de l’esclavage. Oyap nous retrace le choc de la découverte de la déshumanité et toujours ce constat inéluctable du devoir de survie.

angoobiang7.jpg    Etame et entre soeurs  

Deux pièces de théâtre en un acte vous sont proposées. Etame et Entre sœurs, ont comme un des points de départ la mort d’un proche. Puis chacune de ces deux histoires différentes nous ramènent vers la rencontre magique des autres ou la redécouverte d’un autre proche. La douleur prend une autre tournure et il ne reste plus que l’attente du lendemain qu’on espère plus magique. Etame interpellera tous les êtres qui se sentent étrangers en ce monde. Entre sœurs ravira les cœurs poétiques pour son allusion- mystère à l’heure d’hiver.              

 angoobiang5.jpg      Comment va l’Afrique? Tristes Sketches

Quelques mots: Akiée ! L’Afrique et ses problèmes deviennent-ils des reliques qu’il faut entretenir de peur d’encourir des malheurs encore plus grands ? La plupart des sketches présente des fonctionnements internes et indissociables de la vie des Africains. D’autres pointent du doigt les tortures politiques dont les jeunes intellectuels sont souvent victimes.

angoobiang2.jpg     Le Blues de l’Exilée. Est-ce un crime de se sentir mal en terre étrangère ? Ntsame ne comprend pas l’esprit du pays qu’elle a pourtant choisi. Tous ses rêves, ses désirs semblent contrecarrés par un mal être plus intérieur et qui la clou à la croix de la solitude. Cette pièce de théâtre en trois actes évoque les tourments de l’exil et la torture qu’infligent des souvenirs d’une ancienne terre qu’on imagine plus embellie

 angoobiang8.jpg Mbamengué, le polygame

Il paraît que l’Africain ne meurt pas de microbes. Il existe tellement de contre-vérités ridicules et dangereuses… Mais un polygame, fier de son milieu et soucieux de l’équilibre familial peut-il être le sujet d’une trajectoire sexuelle inattendue ? Mbamengue baigne dans une famille Gabonaise bien Africaine : Il y a des choses qui ne sont pas de chez nous ! Alors que faire ? Au milieu de son clan de cinq épouses et tyranniser par les élans amoureux de sa nouvelle épousée, bien malin qui pourrait démasquer…Notre polygame.

 Elle a aussi écrit des scénarios de films:Duels de dames, la fin du rêve, L’Enfer est l’orphelin .

 Avec ce panel de  »genre », elle mérite à juste titre d’être lu.

N.B. Pour la réalisation de cette présentation nous avons piochés des éléments sur les fiches de lecture présentées par le site éditorial de ces ouvrages.

Lucie Mba

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 17:18

luciemba.jpg Lucie Mba, une poétesse au regard lointain et global.

Une poésie forte et puissante qui trouve son socle dans l’évolution soci-politico-économique, est celle que nous propose cette poétesse d’une grande aristitque. En usant de la force des mots qu’elle combienent avec une rigueur des plus admirable, Lucie Mba dit et projecte le lecteur dans une introspection qui …

 Patrimoine I

Patrimoine II

Tels sont les titres de ses deux ouvrages .  Le dernier a été publié par L’Harmattan.

 

Rawiri Angele: Elonga, G’amèrakano, Fureurs et cris de femmes

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 17:01

rawiriangele.jpg

  La première romancière gabonaise.

Les critiques estiment que je suis la doyenne des écrivaines gabonaises; j’ai donné au public trois romans. 

elonga1.gif  Elonga, Paris, 1980, reédition: Silex, 1986. (261p.). ISBN 2 903871 72 8. Roman. 

elonga2.gif  G’amèrakano, au carrefour, Paris, ABC, 1983. Silex, 1988 (188p.). ISBN 2 87693 021 8. Roman

elonga3.gif  Fureurs et cris de femmes, Paris, L’Harmattan, 1989, (175p.). ISBN 2 7384 0250 X. Roman.

Edna Merey-Apinda

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 16:57

ednaapinda.jpg 

  Je suis Edna Merey-Apinda. L’univers des enfants comme des adultes est une préoccupation pour moi, en ce sens que leur illustration dans mes écrits est réelle. Qu’en pensez-vous? Et pour mieux répondre , Lisez

Les Aventures d’Imya petite fille du Gabon

 Ce soir, je fermerai la porte.

  Ces  deux ouvrages sont publiés chez L’Harmattan.

Auleley Peggy Lucie

Classé dans : publications gabonaises,suggestions de lecture — azokhwaunblogfr @ 16:46

auleleypeggy.jpg

     Les larmes  du soleil,  ( récits) a été publié en 2004 , à Libreville , aux éditions Makaya.

Sylvie Ntsame

Classé dans : publications gabonaises — azokhwaunblogfr @ 16:39

 sylvietsame.jpg Mon nom est Sylvie Ntsame.

 sylvietsame5.jpg  La Fille du Komo est mon premier  roman. Aux confins de plusieurs culture mon roman est le fruit d’une expérience féminine. Loin de nier toutes les turpitudes d’une relation mixte, mon regard sur cette  vie à deux est tout un livre…  

 sylvientsame4.jpg  Et si les hommes aussi n’avaient pas le droit de choisir librement leurs femmes?

sylvientsame3.jpg Pourquoi faut -il que la fidélité soit une affaire de femme?

 Il va sans dire que l’oeuvre de Sylvie Ntsame loin de contraindre à la résignation se donne à lire comme les lignes de plusieurs trames avec à la pointe, une envie manifeste de liberté.

Avec à son actif trois romans ,  dont le dernier paru cette année, a pour titre Mon amante la femme de mon pèreC’est tout un programme sui se déroule sous nos yeux.

Narcisse Eyi: Les matinées sombres

Classé dans : critique et analyse,suggestions de lecture — azokhwaunblogfr @ 14:48

  Une oeuvre à lire 

Juste quelques mots pour parler d’un roman de valeur: « les matinées sombres« , de Narcisse Eyi.

Un roman publié par La Maison Gabonaise du Livre.
Il parle de la dérive d’une jeune fille aux prises avec une coutumeng (que l’on devrait bannir me semble-t-il), que l’auteur nomme par « la chose ».
Cette chose dont l’héroïne a bénéficié à sa naissance est sensée apporter la prospérité à la famille.Elle s’avilit en donnant son corps pour le bien de sa famille… pour des boites de sardine, à manger, ou autre… sans vraiment avoir le choix quant à sa destinée.L’histoire de cette héroïne, nous montre que parfois l’esprit communautariste peut complètement annihiler l’être humain et sa possibilité de penser pour lui et par lui-même.
Puis-je en dire plus??? Non.
C’est un roman à lire, absolument.

 Edna Apinda

21 octobre, 2007

Que retrouve t-on dans l’assiette des Gabonais?

Classé dans : points de vue de gabonais — azokhwaunblogfr @ 12:43

 Que mange les Gabonais?

Voilà une interrogation qui hante mon esprit au regard  du taux de mortalité dans les agglomérations urbaines et particulièrement dans les provinces où le developpement industriel est présent.

 Les scientifiques estiment que les complications sanitaires  ( developpement de l’hypertension artérielle, insiffisance reinal,  etc…sont dues à une malnutrition accrue tant les coûts des denrées alimentaires sont élevés).

 Les Gabonais  se restaurent  »dehors », dans ces établissements précaires qui proposent des plats dont la diversité et la qualité nutritionnelle  n’est sont pas averée.  L’huile, le sucre, le cube maggi, l’arome maggi, la mayonnaise, etc..coule à gogo  dans  les repas de nombreux de mes compatriotes.

Bien plus, l’arrivée massive des denrées alimentaires surgelées ou non en provenance de pays industrialisés et à la portée des petites bourses est tout aussi inquiétante au regard de l’absence de contrôles scientifiques sur ces produits dont on ignore la composition réelle. 

Les Gabonais  comme tout client recherchent d’abord à acheter le moins cher possible un bien. Mais jusqu’où sont-ils capables d’aller?  Les produits de très bons marché que l’on nous propose ci et là dans le grand marché de Mont-bouet, ne sont-ils pas porteurs d’élements chimiques ou toxicologiques. Bien des scandales émaillent et emoussent les puissances économiques mondiales.  Il est grand temps que les Gabonais s’interroge sur ce qu’il y ‘a dans leur assiette et le moyen d’en assurer la garantie qualitative. 

   La lecture de cet extrait  de texte  tiré d’un roman non encore publié à ce jour lance subtilment un cri d’alarme sur l’alimentaire.

-Que te dire? Que ne pas te dire mon enfant? Ils seront obligés de prendre leur mal en patience. Personnellement, je ne peux répondre à cette question. Qui ignore que notre pays s’illustre mondialement par un coût  de vie élevé? Il n’est pas aisé de vivre à Goupou. Y assurer la survie de plusieurs personnes est un défi difficile à relever au quotidien. On ne vit pas ici, on tente de survivre en permanence. Moi aussi j’héberge des individus qui encombrent ma demeure. Depuis le décès de ma mère, il y a plus de sept mois, certains membres de ma famille dorment encore sous la table, en attendant que je prépare leur retour dans leurs villages respectifs. Je suis dans l’obligation de les loger, de les nourrir. Aucun d’entre eux ne cherche à savoir où et comment je trouve de quoi assouvir leur faim. Ce qui leur importe, c’est que tous les matins, ils jouissent d’un nombre de pain suffisant, du beurre, du café, des jus d’orange. A midi, un copieux déjeuner inonde leur table. Et le soir venu, le dîner soutenu par des victuailles de bonne qualité s’offre à eux. Histoire, disent-ils, d’honorer la mémoire de ma mère. La seule question que je me pose, mon petit[1] , est celle de savoir ce que la mémoire de ma mère vient chercher là ? Elle dont le corps décomposé, ne sent plus rien et ne jouit plus de ce qui existe sur terre. Sous terre, cette pauvre femme n’a plus écho de ce qui se passe ici haut. Mais on veut me faire croire qu’en hurlant tous les matins, et tous les soirs avant de manger, cela participe à lui faire entendre que l’on pense à elle et que son absence est cruelle, attriste et rend malheureux. Mon œil ! C’est justement à cause de sa disparition que certains peuvent jouir du privilège de prendre une tasse de lait chaud ou froid, assortie d’une belle et tendre tartine. Une chose est certaine, le motif de leurs pleurs, ce n’est pas tant la perte de leur sœur, tante et cousine en la personne de ma mère. Leurs lamentations trouvent  origines dans l’incertitude du lendemain: comment faire pour se loger dans les villages où les toits ont été la proie de la grande saison des pluies et n’ont jamais été réparés pendant la saison sèche ?   Telle est la préoccupation qui broie les pensées de ces parasites en ces moments iconoclastes. Au fond, dans leurs hurlements quotidiens, ils s’interrogent sous le couvert du chagrin causé par la mort de ma mère sur leur situation de villageois paresseux. Nombre d’entre eux n’ont pas voulu débrousser une partie de la forêt pour en faire un champ où ils cultiveront patates, taros, tubercules de manioc, piment, arachides, oignons et bien d’autres denrées alimentaires très prisées et nécessaires pour une meilleure alimentation.     Et pour se justifier de leur manque de nourriture, ils prétexteront que la longue et pénible maladie qui a entraîné la mort de ma mère, a été un frein pour les travaux champêtres, tant ils étaient préoccupés par cette terrible et terrifiante épreuve. A y voir de plus près, ceux qui l’attesteront n’ont jamais su comment tenir une plantation. Ils passent le plus clair de leur temps, à se servir pour ne pas dire à voler dans les champs des voisins au péril de leurs vies.    Et c’est devenu une mode à Nikiamangui et Ondombo, respectivement village de la cousine et l’une des tantes paternelles de Gapen. Situés au bord du lac Avanga dans la province de l’Ogooué- maritime, plus précisément dans le département de Bendjé, ces beaux villages, jadis paisibles et tranquilles, regorgeaient d’hommes vaillants, courageux et travailleurs. Ils se nourrissaient du fruit de leur travail ; se respectaient mutuellement. Nul n’osait s’accaparer  ce qui ne l’appartenait pas. La poule du voisin pouvait s’aventurer sur le terrain d’un autre, sans risque de se faire plumer dans l’anonymat complet. Le travail faisait l’homme et le paresseux était très vite marginalisé. Alors, chacun s’attelait à être digne. Cependant, des brebis galeuses gangrenaient la vie de ces bons paysans, mais leur nombre était très insignifiant. A présent, la paresse, le vol, l’escroquerie, en un mot l’esprit de facilité a gagné ces villages. Et on compte désormais, du bout des doigts les honnêtes et valeureux cultivateurs, agriculteurs. 

    Dans mon village, le nombre  de personnes en proie à l’esprit de facilité est grandissant . Lorsque certains d’entre eux sont pris en flagrant délit, ils subissent des lourdes peines. Après avoir écopé de ces horribles sanctions, certains font le choix de l’exode rural ; viennent dans les grandes villes, dans l’espoir de noyer leur sulfureuse réputation de flibustier. En s’éloignant du village, ils espèrent embellir leur situation. Les chemins pour y parvenir sont multiples. En ce qui concerne les femmes qui bénéficient de ce passé méphistophélique elles se mettent rapidement en ménage avec le premier venu, pourvu qu’il soit véhiculé. En ce qui concerne certains hommes ils se risquent à devenir des boys chauffeurs, des gigolos ou tout simplement des célèbres voleurs, et s’illustrant dans la scélératesse, avec pour ambition de faire le coup du siècle et de secouer rapidement la misère dans laquelle ils se vautrent depuis des lustres. Mais comme chaque chose a une fin, ils se font le plus souvent rattraper par les forces de l’ordre et finissent leurs jours dans la grande prison de Goupou dénommée Gros bouquet, mais sans le gros bouquet, car, le butin est en possession du chef du gang auquel ils appartiennent.     A Goupou, il est de coutume, que la tête pensante d’un groupe de malfrats soit un ressortissant étranger. Aussi étrange que cela puisse paraître, nul ne peut énoncer avec exactitude, la véritable nationalité d’un chef de fil. C’est sous l’appellation générique de ressortissant d’Afrique de l’Ouest que le quotidien national d’information présente ces  grands brigands semeurs d’affres. Une manière  bien futée de préserver les relations entre les diverses nationalités africaines qui s’enchevêtrent et s’engouffrent sur le sol réputé riche de Goupou. 

  Mais nul n’est dupe, ce sont toujours les mêmes, les étrangers, que l’on accuse à tort ou à raison. Toutefois, la complicité des nationaux, des amies, des frères, des cousins est plus qu’avérée. D’ailleurs, ce sont eux qui font la prospection des lieux la journée, en rendant visite aux leurs. Ils viennent, sous prétexte d’une visite fraternelle, amicale recenser des objets de valeurs qui se trouvent dans ces belles maisons huppées où vit une de leurs connaissances. C’est la nuit tombée qu’ils lanceront l’assaut . On ne le dira jamais assez, mais il faut toujours le redire : la mort ne vient jamais de loin !     La dignité de certains villageois s’est envolée. Le travail de la terre n’attire plus de nombreuses mains. C’est le règne de l’économie de la pauvreté comme le disait un compatriote. Cette dernière est axée sur la consommation des produits manufacturés en provenance de pays étrangers et dont les coûts sont extrêmement élevés, mais ne suffisent pas pour dissuader les apathiques villageois. D’ailleurs, ces derniers se contentent d’attendre que leurs parents vivant et travaillant dans les grandes agglomérations urbaines, fortement ravitaillées en ces produits étrangers les leur envoie. Certains oncles de Gapen ne se gênent pas de faire du courrier à leur enfant travaillant à Goupou, dans lequel, ils demandent des denrées alimentaires importées. Et cela ne choquent plus certains compatriotes de voir des sacs de riz en provenance de Chine, du Vietnam et d’autres pays d’Asie s’enchevêtrer dans les camions et voitures à destination de Kango, Ndjolè, Mouloundou, Matsatsa, Akok, Cocobeach, Lambaréné, etc. Et ce n’est pas tout. Les cartons de spaghetti, de macaroni, sans oublier les sacs de foufou, de patates douces, d’ignames produits du Cameroun convergent aussi vers ces destinations. A y voir de loin, on pourrait croire à une simple mise en scène, tant il est surprenant de constater que les habitants de Goupou se contentent de pratiquer l’économie de la pauvreté, en achetant la quasi-totalité des denrées alimentaires auprès de leur voisin, le très célèbre Cameroun dont les prouesses footbalistiques sont mondialement reconnues. Il faut tout de même noter avec insistance que ce n’est pas seulement dans le domaine sportif que ce pays charme les ressortissants des pays frontaliers et éloignés. Les marchés de Goupou, sont pleins de ces bons, beaux et tendres fruits plantés par les Bamilékés. Et nombre de personnes à Goupou ne cessent de bénir le ciel, d’avoir fait des Camerounais, des êtres conscients du fait que rien ne vient tout seul dans l’assiette, il faut se remuer les phalanges pour bien et mieux manger. Et c’est là le début du bonheur. Une sagesse que beaucoup de villageois, résidant dans les départements de Lolo-Bouenguidi, et de Lombo-Bouenguidi  ont vite fait d’oublier, au regard de l’esprit de facilité qui gangrène les modes et les genres de vie dans ces contrées dites de l’intérieur du pays, qui, pendant longtemps, ont fait la grande fierté de l’Afrique Equatoriale Hexagonale. Une chose est certaine et il faut le souligner avec ferveur, la fainéantise broie des vies, et de multiples victimes de ce fléau, essaient de se justifier en fustigeant, le manque d’offre d’emploi dans les établissements commerciaux et administratifs de la région. Moult d’entre elles, pensent que le travail dans le secteur primaire est très dévalorisant. Alors, ils préfèrent s’accrocher désespérément à une potentielle ou hypothétique offre d’emploi, au lieu d’aller passer leurs journées dans les champs de bananes, d’arachides ou autre, pour ne récolter de quoi se mettre sous la dent. Et éviter ainsi le vice. 

  « Le travail de la terre ne paie correctement son homme. Il est vrai qu’il peut bien assouvir quelques besoins fondamentaux, mais ne peut pas, du jour au lendemain, rendre un agriculteur multimilliardaire. Alors, il n’est guère plaisant se crevasser la santé, en semant des grains ou en plantant des boutures de manioc sous un soleil de plomb », telle était la philosophie de mon oncle Yandong . Il répétait inlassablement ces propos. Malheureusement, il passait  le plus clair de son temps à quémander de quoi se mettre sous la dent. Cet homme finit par prendre le surnom de Essayanowè.     Les plus crédules de ces fainéants choisissent  parfois de passer des nuits entières dans les églises éveillées ou non, à prier le bon Dieu afin que son infinie grâce puisse les sortir du besoin.  Ce qu’ils oublient c’est qu’il n y a rien de mieux que de se bouger les phalanges pour s’éloigner du vice. Mais nombreux préfèrent user de leurs cornes vocales. Evidemment  le résultat n’est pas le même. 

  Qu’on se le dise, une fois pour toute, Dieu n’est pas sourd. C’est pourquoi, il est recommandé de prier à voix basse. Cela ne sert à rien de crier aussi fort que Doussala-Mbourou lorsqu’il adresse ses doléances au Père éternel. Dans son élan, il lui arrive d’aboyer, au lieu de crier ou de prier normalement. Certes dans les pratiques religieuses, les modes d’emploi et les emplois du temps varient selon chaque religion, selon la volonté du chef de ces assemblées cultuelles ; mais, il ne faut pas s’étonner que certaines églises perdent plus d’âmes qu’elles n’en recrutent. Au point où, on rencontre des églises composées d’à peine dix à vingt personnes de plus en plus jeunes. Le grand bruit précipite parfois, la disparition des sont en proie à un bruit effarant, chrétiens d’un âge certains, ne prient pas dans des bonnes conditions. En venant chercher la guérison, la paix, la joie de vivre à l’église, ils y trouvent l’absence de confort, la chaleur, le bruit, les odeurs de sueurs et parfois, les crises cardiaques et la mort. Pourquoi les nouveaux chrétiens à Goupou, sont-ils aussi paresseux ? Pourquoi, n’arrivent t-ils pas à ériger des belles et somptueuses églises en planches, bien aérées, où il serait agréable d’y aller prier; et ce dans le calme et la concentration requise ?       La nouvelle conception de la richesse étonne plus d’un. Elle ne se mesure qu’au numéraire et suscite la convoitise, l’insatisfaction et dans certains cas l’insatisfaction la mélancolie. Il est nécessaire de croire, que toutes les richesses ont leur importance. La différence entre une richesse monétaire et une autre alimentaire n’est pas aisée à établir, surtout lorsque l’on sait que l’homme vit aussi de pain. Le grand-père de Gapen n’affirmait-il pas que les villageois qui travaillent n’envient pas certains citadins qui ne peuvent pas s’offrir un repas complet tous les jours. Ce qui se met dans le ventre est beaucoup plus important que ce qui se porte sur le corps. A Goupou, c’est le contraire de cette maxime que plusieurs des anciens collègues de travail de la mère de Gapen épousent. Ils préfèrent soigner leur apparence au détriment de leur estomac. Dommage ! Ce n’est pas du kongossa[3], mais plutôt la vérité, du live[4]. Si toutes les langues pouvaient se lever pour fustiger et dénoncer les horreurs qui sévissent à Goupou…    

  


[1] mon enfant

[2] sur terre

[3] médisance

[4] La réalité

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